Aller au contenu
On Ravale

la rédaction

Terrasse, allée, clôture : les refaire avant ou après le ravalement

La façade d'abord, les abords ensuite : la règle est simple, ses exceptions coûtent cher. L'ordre à donner aux travaux, et la cote à décider avant de ravaler.

•Décision / 7 min de lecture

Semelle d'échafaudage posée sur une terrasse pavée, avec une planche de répartition glissée dessous.
Une semelle d'échafaudage concentre sa charge sur quelques centimètres carrés : c'est ce qui décide de l'ordre des travaux.

Vous avez deux projets en tête. La façade, qui n'a plus l'âge d'attendre. Et les abords : la terrasse fissurée, l'allée défoncée par les racines, la clôture qui penche. Vous avez le budget pour les deux, peut-être pas la même année. Et une question très pratique se pose : dans quel ordre ?

La réponse courte, celle que tous les professionnels du bâtiment vous donneront, tient en une phrase : le ravalement d'abord, les abords ensuite. C'est vrai dans la grande majorité des cas, et c'est la règle à retenir si vous ne lisez rien d'autre.

Mais elle souffre des exceptions, et elles ne sont pas rares. Certains travaux d'abords doivent impérativement précéder le chantier de façade, sous peine de rendre celui-ci impossible ou beaucoup plus cher. D'autres se font pendant. Cet article distingue les trois cas, et explique ce qu'il faut faire quand vous n'avez pas le choix de l'ordre.

Pourquoi la règle générale est « la façade d'abord »

Trois raisons, toutes vérifiables de vos yeux sur n'importe quel chantier.

L'échafaudage prend appui au sol, et il est lourd. Un échafaudage de pied repose sur des semelles, et il porte des charges qui ne sont pas anecdotiques : les planchers, les hommes, les matériaux, parfois des palettes stockées en hauteur. Ces charges descendent, ponctuellement, sur quelques dizaines de centimètres carrés. Une terrasse carrelée neuve, une allée en pavés fraîchement posés, une dalle sur plots reçoivent très mal ce traitement. On voit régulièrement des carreaux fendus sous une semelle, des pavés enfoncés, un joint arraché à la dépose.

Tout ce qui se fait en hauteur tombe. C'est mécanique et sans exception. Le piquage de l'ancien enduit produit des gravats, le lavage produit des eaux chargées, l'application produit des projections. On bâche, on protège, on nettoie — et malgré cela, une surface poreuse neuve placée sous un chantier de façade prend un risque. Un enduit teinté qui goutte sur une pierre naturelle claire ou sur un bois neuf ne s'enlève pas toujours.

Les allées et venues sont incessantes. Livraisons de matériaux, brouettes, benne, camion de l'échafaudeur. Une allée sert de chemin de chantier, qu'on le veuille ou non. La refaire avant, c'est la livrer à l'usage le plus dur qu'elle connaîtra jamais.

À quoi s'ajoute une raison moins évidente : les fixations. Un échafaudage se stabilise contre le bâtiment. Selon la configuration, cela suppose des ancrages, dont les trous sont ensuite rebouchés et repris par l'enduit. Sur une façade déjà finie, cette reprise se voit ; sur une façade à refaire, elle disparaît dans le travail. La même logique vaut pour tout ce qui se fixe au mur : un garde-corps de terrasse, un support de pergola, une descente d'eau pluviale, un portail sur pilier maçonné.

Les travaux d'abords qui doivent précéder le ravalement

Voici les cas où l'ordre s'inverse, et pourquoi.

Tout ce qui conditionne l'accès. Si l'échafaudage ne peut pas être monté sans déposer un portail, une portion de clôture, un muret ou une haie, cette dépose est un préalable, pas un travail d'abords. Elle doit être décidée, chiffrée et réalisée avant. Faites venir l'entreprise de façade sur place et demandez-lui explicitement : « avec quoi montez-vous, par où passez-vous, et qu'est-ce qui gêne ? » Un chantier où l'accès n'a pas été examiné avant signature produit des surcoûts et des tensions.

Tout ce qui touche au sol au pied du mur. Si vous prévoyez de reprendre le niveau du terrain contre la façade, de créer un drainage, de dégager un soubassement enterré ou de décaisser un remblai, faites-le avant. La raison est simple : ces travaux modifient la ligne à laquelle l'enduit doit s'arrêter. Un enduit descendu jusqu'au niveau du sol actuel devient absurde si vous décaissez ensuite, et un enduit arrêté trop haut laisse une bande brute apparente. C'est l'erreur d'ordre la plus coûteuse, parce qu'elle ne se rattrape qu'en refaisant le bas de la façade.

Tout ce qui concerne l'humidité. Une allée qui rejette l'eau vers le mur, une terrasse dont la pente est inversée, un regard bouché, une descente d'eau pluviale qui se déverse au pied de la maçonnerie : ce sont des causes de désordre de façade. Les corriger après avoir refait l'enduit, c'est refaire l'enduit deux fois. Corrigez d'abord la cause, ravalez ensuite.

Tout ce qui suppose un engin lourd. Une mini-pelle, un camion-toupie, une livraison de matériaux pondéreux. Ces passages abîment ce qui est en place, et ils sont incompatibles avec un échafaudage monté. Si votre projet d'abords en suppose un, faites-le avant, ou acceptez de le faire longtemps après.

Et enfin, ce qui va disparaître de toute façon. Si la terrasse est en fin de vie et sera déposée, ne la protégez pas : laissez l'échafaudage s'appuyer dessus et démolissez ensuite. Cela vous économise des protections et vous libère l'esprit.

Ce qui se fait pendant, et ce qui gagne à être groupé

Quelques travaux ont intérêt à se caler dans la fenêtre du chantier de façade.

Tout ce qui se fixe sur la façade. Volets, garde-corps, numéro, boîte aux lettres, applique d'éclairage, support de câble, store banne. Chaque fixation traverse le revêtement neuf. Décidez de leur emplacement définitif avant l'application de la finition et faites poser les éléments d'ancrage à ce moment-là. Percer un enduit neuf trois mois plus tard est possible, mais c'est une opération à confier à quelqu'un de soigneux, et c'est une entaille dans un ouvrage garanti.

Le raccordement des eaux pluviales. Si vous prévoyez de reprendre les descentes ou de les raccorder à un réseau enterré, la période où l'échafaudage est monté est la seule où l'on accède facilement au haut des descentes.

La reprise du soubassement. Elle appartient à la façade autant qu'aux abords, et c'est souvent au moment de traiter le pied de mur qu'on découvre ce qu'il faut faire au sol.

Une remarque de méthode : grouper ne veut pas dire tout confier au même. Cela veut dire caler les dates pour que chaque intervenant trouve le terrain dans l'état dont il a besoin. La question de savoir s'il faut tout faire d'un coup ou étaler est traitée dans faut-il tout faire d'un coup ou phaser les travaux.

Quand vous n'avez pas le choix : protéger l'existant

Il arrive que la terrasse soit neuve et que la façade n'attende plus, ou que le calendrier soit imposé. Dans ce cas, tout se joue sur la protection et sur l'écrit.

Faites un état des lieux avant l'arrivée de l'entreprise. Photographies datées, générales et rapprochées, de la terrasse, de l'allée, de la clôture, du portail, des massifs, du mobilier. Cet état des lieux est la seule chose qui vous permettra, plus tard, de dire ce qui existait et dans quel état. La méthode complète figure dans ce qu'il faut photographier avant que l'échafaudage ne monte.

Faites écrire au devis la protection, et laquelle. « Protection des abords » ne veut rien dire. Demandez le détail : bâchage, film, plaques de répartition sous les semelles d'échafaudage, cheminement protégé, dépose et repose du mobilier. La distinction entre ce qui est prévu et ce qui ne l'est pas décide de qui paie en cas de dommage.

Insistez sur la répartition des charges au sol. C'est le point technique qui protège une terrasse. Une semelle d'échafaudage posée sur une plaque rigide répartit sa charge sur une surface plus grande. Demandez à l'entreprise ce qu'elle prévoit, et si elle ne prévoit rien, demandez-le explicitement.

Prévoyez le devenir des plantations. Ce qui est sous l'échafaudage passera plusieurs semaines sans lumière, sans eau de pluie, et sous des retombées. Ce qui peut être déplacé doit l'être avant. Les gestes utiles sont réunis dans protéger le jardin, la terrasse et le mobilier pendant les travaux.

Et sachez à l'avance qui indemnise quoi. La casse arrive, même sur les chantiers soignés. Le traitement d'un dommage aux abords, et la manière de le faire reconnaître, sont détaillés dans la tuile cassée, le massif écrasé : qui indemnise après le chantier.

Le calendrier type, quand tout est à faire

Si vous partez d'une maison dont la façade et les abords sont tous deux à reprendre, voici l'ordre qui produit le moins de reprises.

Un. Les travaux de terrassement, de drainage et de niveau au pied des murs. Tout ce qui modifie l'altitude du sol contre la façade, et tout ce qui gère l'eau.

Deux. Les déposes nécessaires à l'accès. Portail, portion de clôture, haie, mobilier scellé.

Trois. La couverture, les rives et la zinguerie, si elles sont au programme. Ce qui protège de l'eau vient avant ce qui finit.

Quatre. Le ravalement, avec toutes les fixations posées à ce moment-là.

Cinq. Les revêtements de sol extérieurs : terrasse, allée, seuils. Ils se posent sur un chantier fini, propre, et ils viennent mourir proprement contre un soubassement achevé.

Six. La clôture, le portail, l'éclairage extérieur et les plantations. Le décor vient en dernier, parce qu'il est le plus fragile et le plus facile à abîmer.

Ce séquencement suppose que rien n'est prévu qui modifierait le bâti lui-même : une extension, une ouverture nouvelle, un agrandissement. Si c'est votre cas, l'arbitrage est différent et il se pose plus tôt — voir une extension ou une ouverture prévue : ravaler avant ou après.

Le raccord entre la façade et le sol : le point qu'on oublie de décider

C'est le détail qui distingue un chantier bien conduit d'un chantier acceptable, et il concerne exactement la zone dont parle cet article.

Il faut décider, avant le ravalement, à quelle hauteur s'arrête le revêtement de façade, et comment il se termine. Trois configurations possibles : il descend jusqu'au sol fini, il s'arrête au-dessus avec un arrêt net, ou il se prolonge par un traitement de soubassement différent. Le choix dépend de ce que vous ferez au sol, de l'humidité du pied de mur et de l'aspect recherché.

Ce qui rend ce point critique, c'est qu'il fige une cote. Si vous ravalez en supposant que la terrasse restera à son niveau actuel, et que vous la rehaussez ensuite de l'épaisseur d'un nouveau carrelage sur chape, l'arrêt d'enduit se retrouve enterré. Si vous décaissez, il se retrouve suspendu au-dessus du vide, laissant apparaître un support brut.

La question à poser, avant de signer le devis de façade : quel est le niveau de sol fini prévu, contre chaque mur ? Si vous ne le savez pas encore, dites-le à l'entreprise, et demandez que le traitement du bas de façade soit conçu pour rester correct dans les deux hypothèses. C'est une question de dix secondes qui évite une reprise.

Ce que le bon ordre fait économiser, et comment le chiffrer

L'ordre n'est pas seulement une question de bon sens : il a un effet direct sur ce que vous payez. Voici les postes concernés, et la manière d'obtenir les montants sans les inventer.

Les protections évitées. Si les abords sont à refaire de toute façon, la ligne « protection des abords » du devis de façade peut être allégée. Demandez à l'entreprise ce que représente cette ligne et ce qu'elle deviendrait si vous l'informez que la terrasse sera déposée après le chantier. Vous obtiendrez un montant réel, pour votre cas.

Les reprises évitées. Un enduit à reprendre en pied de mur parce que le niveau a changé, un pavé à remplacer parce qu'une semelle l'a fendu, un joint de carrelage à refaire. Faites chiffrer, dans le devis de sol, ce que coûterait une reprise localisée : c'est le montant que le bon ordre vous fait économiser, et il est souvent supérieur à ce qu'on imagine parce qu'une reprise ponctuelle se voit toujours.

Les déplacements évités. Un carreleur qui revient une seconde fois pour une reprise facture un déplacement. Demandez-le : « quel est votre coût de déplacement pour une intervention courte ? »

Le nettoyage final, qui se fait une fois. Un chantier de façade se termine par un nettoyage des abords. Un chantier de sol aussi. S'ils s'enchaînent dans le bon ordre, le second efface les traces du premier.

Ce qu'un mauvais ordre coûte, à l'inverse, ne se chiffre pas toujours en argent. Il se paie en discussions : qui a fendu ce carreau, quand, et qui le remplace. Ces discussions ont un coût nerveux que personne ne porte au devis.

Les erreurs d'ordre qu'on voit le plus souvent

Refaire la terrasse au printemps et ravaler à l'automne. L'ordre le plus naturel du point de vue de l'envie, le plus mauvais du point de vue technique. Si vous devez faire les deux la même année, inversez.

Poser une clôture neuve avant de savoir par où l'échafaudage entrera. On la démonte trois mois plus tard, et elle ne se repose jamais tout à fait comme avant.

Planter contre le mur juste avant le chantier. Les jeunes plantations ne survivent pas à une saison sous bâche. Attendez.

Faire monter la terre d'un massif contre une façade fraîchement enduite. C'est l'humidité qui remonte, et c'est un désordre qui apparaîtra bien après la fin des garanties les plus courtes.

Décider de la teinte du sol avant celle de la façade. Non pas que ce soit techniquement grave, mais l'ensemble se juge depuis la rue, et la façade occupe la plus grande surface. Choisissez-la en premier, et accordez le sol ensuite.

Le cas de la clôture et du portail

Ils méritent un paragraphe à part parce qu'ils posent une question de responsabilité, et pas seulement d'ordre.

Si l'entreprise doit déposer une portion de clôture ou un portail pour accéder, faites écrire au devis qui dépose, qui stocke, qui repose, et dans quel état. Une repose « en l'état » d'un portail ancien peut révéler un scellement fatigué qui ne tenait que par habitude.

Si la clôture est mitoyenne, ou si l'accès suppose de passer chez le voisin, la question sort du chantier et devient une affaire de bon voisinage à régler par écrit, longtemps avant. Prévenir tôt évite de découvrir un refus la veille du montage.

Si le stationnement ou l'emprise sur la voie publique est nécessaire, la démarche auprès de la commune prend du temps et doit être engagée en amont — voir le stationnement, la benne et l'occupation de la rue.

Questions fréquentes

Ma terrasse est en bois et elle est neuve. Que faire ?

Le bois est le matériau le plus vulnérable dans cette configuration : il est poreux, il tache, et il marque sous les charges ponctuelles. Si vous ne pouvez pas la démonter, exigez un plancher de protection continu et rigide, pas un simple film, et des plaques de répartition sous chaque semelle. Et faites l'état des lieux photographique avec un soin particulier : le bois est aussi le matériau sur lequel un dommage se discute le plus.

L'entreprise me dit qu'elle protégera tout. Cela suffit-il ?

Non, tant que ce n'est pas écrit et détaillé. « On protège » est une intention sincère, pas un engagement. Demandez la liste de ce qui sera protégé, avec quoi, et ce qui sera déposé plutôt que protégé. Une entreprise sérieuse répond précisément, parce qu'elle a déjà fait ce raisonnement pour son propre chiffrage.

Peut-on refaire l'allée pendant que l'échafaudage est encore monté ?

Rarement, et c'est déconseillé. L'allée sert de chemin de chantier jusqu'au démontage, et le démontage lui-même suppose des passages et des charges. Attendez le retrait complet du matériel et le nettoyage final.

Combien de temps faut-il attendre après le ravalement pour refaire les sols ?

Cela dépend du système appliqué et des conditions de séchage, et c'est à votre entreprise de vous l'indiquer pour son produit. Posez-lui la question sous cette forme : à partir de quand puis-je faire intervenir un autre corps de métier au pied du mur sans risque pour le revêtement neuf ? Faites noter la réponse au compte rendu.

Faut-il tout confier à la même entreprise ?

Pas nécessairement, et rares sont les entreprises qui font aussi bien un enduit qu'une terrasse. Ce qui compte, c'est la coordination des dates et la clarté des périmètres : qui fait quoi, jusqu'où, et dans quel état chacun laisse le terrain au suivant. Écrivez ces limites dans chaque devis.

Et si je refais les abords des années plus tard ?

C'est parfaitement viable, à une condition : avoir décidé dès le ravalement du niveau de sol fini et du traitement du bas de façade. Notez cette cote quelque part, avec la référence de la teinte et le nom du système appliqué. Dans cinq ans, vous serez content de la retrouver.

Sur le même sujet