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Changer d'entreprise en cours de ravalement : la marche à suivre
Changer d'entreprise en cours de ravalement suppose d'arrêter proprement : mise en demeure, constat de l'existant, paiements recalés, puis reprise.
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Changer d'entreprise en cours de ravalement est possible, mais cela ne se fait pas en fermant le portail. La séquence est toujours la même : mettre en demeure par écrit avec un délai, faire constater contradictoirement ce qui est réellement exécuté, arrêter les paiements sur ce qui ne l'est pas, régler le sort de l'échafaudage et des matériaux livrés, puis seulement consulter une nouvelle entreprise. Sauter une de ces étapes, c'est se retrouver à devoir payer deux fois le même mètre carré, ou à n'avoir plus personne pour garantir la façade.
Le cas traité ici est celui d'une entreprise qui existe toujours : elle a un chef, un compte en banque, des salariés, une assurance. Elle traîne, la qualité pose question, le dialogue est rompu — mais elle est vivante. C'est très différent d'une entreprise en liquidation, où le chantier s'arrête tout seul et où c'est un mandataire qui parle. Si votre entreprise a déposé le bilan, allez plutôt voir ce qui se passe quand l'entreprise dépose le bilan en cours de chantier : la mécanique n'a rien à voir. Et si le problème est un point technique isolé, une teinte discutée, une reprise à faire, ce n'est pas un changement d'entreprise qu'il faut, c'est ce que décrit l'article sur ce qu'on fait quand on n'est pas d'accord avec l'entreprise.
Pourquoi on ne remplace pas une entreprise du jour au lendemain
Le devis signé est un contrat. Tant qu'il n'est pas résilié dans les formes, l'entreprise reste titulaire du marché : elle a le droit de venir travailler, et l'obligation de finir. Un propriétaire qui appelle simplement une autre entreprise pendant que la première est encore sous contrat se met dans une position difficile. La première peut réclamer le paiement de ce qu'elle n'a pas pu exécuter, au motif qu'elle en a été empêchée. C'est le nœud de tous les dossiers qui tournent mal.
L'autre raison est technique, et elle coûte encore plus cher. Une façade en cours de ravalement est un objet à moitié transformé. Un support décapé, un enduit de dressage posé, une sous-couche appliquée sans que personne ne puisse dire laquelle : la nouvelle entreprise arrive devant un mur dont elle ne connaît pas l'histoire récente. Si rien n'a été constaté, elle n'a que deux options — refuser le chantier, ou tout reprendre depuis le nu du mur. Les deux vous coûtent.
Un chantier qui n'avance pas donne l'impression d'être déjà mort. Il ne l'est pas. Tant que vous n'avez pas notifié quelque chose par écrit, la situation reste celle du contrat : des travaux commandés, un prix, un délai. Les échanges par téléphone, les messages sans réponse, les rendez-vous manqués n'ont pratiquement aucune valeur pour établir un retard. Ce qui compte, ce sont des écrits datés qui décrivent des faits.
La première chose à faire, avant même la mise en demeure, est donc de reconstituer la chronologie : signature, démarrage prévu au devis, démarrage réel, jours de présence effective, avancement à chaque étape, paiements versés et à quelle date. Une page suffit, et elle sert de socle à tout ce qui suit.
La mise en demeure : le point de départ, et le délai
La mise en demeure est la lettre qui transforme un mécontentement en fait juridique. Elle s'envoie en recommandé avec accusé de réception, à l'adresse du siège de l'entreprise, avec une copie simple au conducteur de travaux si vous en avez un. Son objet n'est pas de dire que vous êtes en colère, mais de mettre l'entreprise en situation de s'exécuter ou de ne pas s'exécuter.
Elle décrit ce qui était prévu, ce qui a été fait, ce qui ne l'a pas été, et elle fixe un délai raisonnable pour reprendre les travaux et les mener à terme. Ce délai n'a pas de durée standard : il dépend de la nature de ce qui reste à faire et de la saison. Reprendre un enduit de finition sur trois façades ne demande pas le même temps qu'un simple raccord. Un délai manifestement impossible à tenir affaiblit votre lettre ; un délai généreux la renforce.
Ce qu'écrit une mise en demeure utile
Une bonne mise en demeure est ennuyeuse à lire. Elle est factuelle, datée, chiffrée en avancement, et elle ne contient aucune insulte ni aucun jugement sur les personnes.
- Le rappel du contrat : référence et date du devis signé, montant, délai d'exécution annoncé, date de démarrage.
- Les faits : les jours où l'équipe est venue, ceux où elle n'est pas venue, les étapes réalisées, celles qui restent.
- Les manquements précis : un délai dépassé de tant de semaines, un poste facturé mais non exécuté, un produit posé qui ne correspond pas à celui du devis.
- La demande : reprendre le chantier à telle date, l'achever pour telle date, ou remédier à tel défaut.
- La conséquence annoncée : à défaut, vous constaterez l'avancement et engagerez la résiliation aux torts de l'entreprise.
Gardez une copie de la lettre, l'avis de dépôt et l'accusé de réception. Si l'entreprise refuse le recommandé, l'avis de non-réclamation vaut preuve d'envoi : le refus de prendre son courrier ne protège personne.
Trois issues seulement. L'entreprise revient et finit — c'est le meilleur cas, et il n'est pas rare : une mise en demeure sérieuse fait revenir des équipes que dix appels n'ont pas fait bouger. Elle conteste, en invoquant des intempéries ou une attente de matériau, et s'ouvre alors une discussion écrite qui peut mener à un accord de reprise daté. Ou elle ne répond pas, le délai expire, et la voie de la résiliation s'ouvre.
Pendant ce délai, ne faites rien qui puisse être interprété comme une renonciation ou comme un empêchement. Ne démontez pas l'échafaudage, ne changez pas les serrures d'accès, ne faites pas intervenir un autre façadier. Continuez à photographier, chaque semaine, dans les mêmes cadrages.
Le constat contradictoire : la pièce qui vaut le plus cher
C'est l'étape que les propriétaires sautent, et c'est celle qui décide de tout. Constater contradictoirement signifie établir, en présence des deux parties, l'état exact du chantier à une date donnée. Sans ce constat, il n'existera plus jamais de description objective du mur au moment de la rupture : l'entreprise sortante dira qu'elle avait tout fait, l'entrante dira qu'elle a tout trouvé à refaire, et personne ne pourra trancher.
Le constat peut être amiable, signé par les deux parties sur place, ou dressé par un commissaire de justice si l'entreprise refuse de venir ou si l'enjeu est important. Avant d'engager ces frais, vérifiez si une protection juridique, souscrite avec l'habitation ou attachée à une carte bancaire, prend en charge l'expertise.
Photos par façade, métré de l'existant, prélèvements
Un constat de ravalement se compose de quatre choses, et il faut les quatre.
- Des photos façade par façade, prises depuis le sol et depuis l'échafaudage tant qu'il est monté, avec les mêmes cadrages que ceux du départ. Si vous avez suivi ce qu'il faut photographier avant que l'échafaudage ne monte, vous avez déjà la série de référence, et la comparaison devient lisible.
- Un métré de ce qui est exécuté, façade par façade et poste par poste : tant de mètres carrés décapés, tant de mètres carrés de dressage, tant de mètres linéaires de joints repris, les points singuliers traités ou non — appuis, linteaux, encadrements, rives.
- Des prélèvements de produit et de teinte : un échantillon d'enduit posé, un morceau de finition, la référence lue sur les sacs restants, la photo des étiquettes. C'est le seul moyen de savoir plus tard ce qui a été appliqué.
- Les documents du chantier : fiches techniques remises, bons de livraison, comptes rendus de réunion, le devis et les avenants éventuels.
Le métré est le point le plus disputé. Une entreprise sortante compte volontiers en surface développée tout ce qu'elle a touché, y compris des surfaces simplement lavées. Reprenez chaque poste dans les termes du devis, et n'acceptez comme fait que ce qui est fini au sens du devis.
Si l'entreprise refuse de venir constater
Cela arrive souvent, et ce n'est pas bloquant. Vous convoquez par écrit, en recommandé, à une date précise, avec un préavis suffisant pour qu'elle puisse s'organiser. Si personne ne se présente, le constat est établi en son absence, et la lettre de convocation plus l'accusé de réception démontrent qu'elle a eu la possibilité d'y être. Un constat dressé par un commissaire de justice dans ces conditions est difficile à contester ensuite.
Ne cédez pas à la tentation de faire le constat seul et vite, la veille de l'arrivée du nouveau façadier. Un constat sert précisément parce qu'il est daté avant toute intervention d'un tiers.
Arrêter les paiements sur ce qui n'est pas fait
Le principe est simple : on paie ce qui est exécuté, pas ce qui est prévu. Un acompte à la signature couvre l'engagement de l'entreprise et l'approvisionnement ; les situations intermédiaires couvrent l'avancement réel. Dès lors qu'un poste n'est pas exécuté, il ne se paie pas, même s'il figure sur une facture.
Cela ne veut pas dire tout suspendre. Suspendre un paiement dû sur des travaux réellement faits fournit à l'entreprise l'argument le plus commode qui soit : elle expliquera qu'elle a arrêté parce qu'elle n'était pas payée, et le retard changera de camp. La bonne pratique est de payer précisément la part exécutée, telle que le constat l'établit, et d'écrire noir sur blanc que le solde est retenu au titre des travaux non réalisés.
Envoyez un courrier qui reprend le métré du constat, poste par poste, avec le montant correspondant, et le total réglé. Précisez que ce règlement ne vaut pas acceptation des travaux ni réception, et qu'il ne renonce à aucune réclamation. Cette phrase compte : un paiement sans réserve, en droit, s'interprète mal.
Si vous avez versé plus que l'avancement — c'est fréquent quand un échéancier a été calé sur des dates plutôt que sur des étapes — vous êtes créancier de la différence. Elle se réclame, elle se compense éventuellement avec le coût de reprise, et elle doit figurer dans le décompte final que vous adressez à l'entreprise sortante.
L'échafaudage, les matériaux livrés, les clés
L'échafaudage n'est presque jamais à vous. Il appartient à l'entreprise ou il est loué par elle, et la ligne du devis correspond à sa mise à disposition pour la durée de son propre chantier. Quand le marché est résilié, l'entreprise a le droit de le récupérer, et elle le fait souvent vite — parfois le lendemain. Un mur à moitié enduit qui se retrouve sans échafaudage, c'est un mois de perdu et une deuxième installation à payer.
Deux façons de traiter cela, et elles se négocient par écrit, pas au téléphone. Soit un accord de maintien temporaire de l'échafaudage, contre une redevance convenue, jusqu'à ce que la nouvelle entreprise le reprenne à son compte. Soit vous le laissez partir et une nouvelle installation entre dans le marché suivant. La première solution est moins chère ; la seconde est plus propre, car l'entreprise travaille alors sur son propre matériel, sous sa responsabilité et son contrôle.
Les matériaux livrés et stockés chez vous
Les sacs d'enduit, les seaux de finition, les profilés livrés sur votre terrain posent la même question. S'ils ont été payés dans une situation, ils vous appartiennent ; sinon, ils appartiennent à l'entreprise ou à son fournisseur. Le constat doit les inventorier : nature, quantité, référence, lot, date de fabrication lisible sur l'emballage.
Attention à ce qu'on croit récupérer. Un produit de façade a une durée de conservation et des conditions de stockage. Un sac d'enduit resté des mois sous une bâche, un liquide qui a gelé, un lot dont personne ne retrouve la fiche technique : la nouvelle entreprise refusera de les mettre en œuvre, et elle aura raison — elle engagerait sa garantie sur un produit dont elle ne maîtrise ni l'origine ni la conservation.
Récupérez enfin ce qui vous revient : clés remises, badge, télécommande de portail, ainsi que le compteur d'eau ou d'électricité relevé si le chantier était branché chez vous.
Consulter la nouvelle entreprise : ce qu'elle a besoin de savoir
Un façadier appelé pour reprendre le chantier d'un autre commence par poser trois questions : qu'est-ce qui a été appliqué, sur quel support, et qui répond de ce qui est dessous. S'il n'obtient pas de réponse, il chiffre le pire ou il décline. C'est une réaction professionnelle, pas de la mauvaise volonté.
Le dossier que vous lui remettez fait donc la différence entre un devis de reprise raisonnable et un devis de mise à nu générale. Il contient le devis initial et ses avenants, le constat contradictoire avec ses photos et son métré, les prélèvements et références de produits, les fiches techniques disponibles, la chronologie des faits, et la copie de la mise en demeure et de la résiliation. Ce dossier ressemble beaucoup à celui décrit dans l'article sur ce qu'il faut rassembler avant de demander un devis de ravalement, avec une couche de plus : l'histoire de l'intervention précédente.
Pourquoi elle refusera souvent de garantir le support d'un autre
Une entreprise engage sa responsabilité sur ce qu'elle exécute et sur le support qu'elle accepte. Accepter un support, en façade, ce n'est pas le regarder de loin : c'est vérifier sa cohésion, son humidité, sa planéité, sa compatibilité avec le système à poser. Sur un mur qu'un autre a préparé avec un produit incertain, cette vérification est parfois impossible.
Trois réponses possibles, et il faut savoir les distinguer.
- La reprise avec réserve écrite sur l'existant : l'entreprise finit, mais exclut de sa garantie les conséquences d'un défaut du support ou des couches antérieures. Sa réserve doit être écrite, précise et localisée, pas une clause générale qui vide la garantie.
- La mise à nu partielle : elle décape les zones dont elle ne veut pas répondre, conserve les autres, et garantit l'ensemble de ce qu'elle a refait. C'est souvent le meilleur compromis, et il se chiffre au métré.
- La reprise intégrale : tout est déposé jusqu'au support d'origine. C'est la solution la plus coûteuse, la seule qui donne une garantie pleine et entière sur toute la façade.
Faites chiffrer au moins deux de ces trois options par la même entreprise, sur le même document. C'est la seule manière de voir ce que la garantie pleine coûte réellement par rapport à la reprise avec réserve, et de décider en connaissance de cause.
Quel que soit le choix, le devis de reprise doit dire ce qu'il conserve et ce qu'il enlève, zone par zone, quels sondages il prévoit avant de reprendre, et ce qu'il fait de l'échafaudage en place. Un devis de reprise sans plan de zones est un devis qui ne sait pas où il va.
La garantie coupée en deux : le point le plus mal compris
Voici la conséquence que presque personne n'anticipe. Après un changement d'entreprise, votre façade n'a plus un garant, elle en a deux — et chacun ne répond que de sa part. L'entreprise sortante répond des travaux qu'elle a exécutés, dans les limites de ce que le constat lui attribue. L'entrante répond des siens, et du support dans la mesure où elle l'a accepté. Entre les deux, il existe une zone grise : les désordres dont on ne peut pas dire à quelle couche ils tiennent.
Cette zone grise est exactement là où se logent les litiges de façade : décollements, faïençage, différences de teinte à la jonction, remontées d'humidité. Un enduit qui cloque trois ans après ne porte pas d'étiquette indiquant laquelle des deux couches a lâché. Si rien n'a été écrit au moment du redémarrage, chacun renverra vers l'autre, et vous serez au milieu.
Ce qui se règle donc par écrit avant que la nouvelle équipe ne monte :
- La date de rupture et l'avancement à cette date, tels qu'établis par le constat, signés ou notifiés aux deux entreprises.
- Le périmètre de reprise, par façade et par zone, sur un plan ou un jeu de photos annotées.
- Les réserves de la nouvelle entreprise sur l'existant : lesquelles, sur quelles zones, et pour quelle durée.
- Le point de départ des garanties de la nouvelle entreprise, qui court à compter de la réception de ses propres travaux.
- Le sort des désordres apparus sur la partie ancienne : qui les reprend, à quel prix, et sous quel délai.
Il ne s'agit pas d'un contrat d'avocat, mais d'un document de quelques pages, photos annotées à l'appui, signé par vous et par la nouvelle entreprise, adressé pour information à la sortante. Il se range avec le reste du dossier de la maison : voyez ce qu'il faut garder après la réception, et pour combien de temps. Un chantier repris fait partie des cas où ce dossier compte le plus, notamment le jour d'une vente.
La réception, elle aussi, se coupe en deux
La réception est l'acte qui fait courir les garanties. Dans un chantier repris, il y a souvent deux réceptions : une réception, au moins implicite, de la part exécutée par l'entreprise sortante, arrêtée par le constat ; et une réception en bonne et due forme des travaux de la nouvelle. Faites en sorte que la seconde décrive expressément ce qu'elle réceptionne et ce qu'elle ne réceptionne pas. Une réception muette sur le périmètre finit toujours par être lue comme couvrant tout.
Le calendrier réaliste, et ce que la rupture coûte
Un changement d'entreprise coûte du temps avant de coûter de l'argent, et le temps de façade se compte en saisons. Après la mise en demeure et son délai, il faut organiser le constat, laisser passer un préavis de convocation, obtenir des devis de reprise — et les entreprises capables de reprendre le travail d'un autre ne sont pas les plus disponibles. Un chantier interrompu au mauvais moment de l'année peut attendre le retour de conditions de mise en œuvre acceptables, ce qui n'a rien d'anecdotique : un enduit ne se pose ni par gel, ni sur un support saturé d'eau.
Le surcoût se compose toujours des mêmes postes : la reprise ou le remontage de l'échafaudage, les protections à refaire, les zones déjà traitées qu'il faut décaper, les essais et sondages préalables, et la part de travaux payée deux fois si le constat a été bâclé. Aucun ne se chiffre dans l'absolu : ils se chiffrent sur votre façade, au métré. Demandez qu'ils apparaissent en lignes distinctes plutôt que fondus dans un forfait, c'est ce qui rend deux devis de reprise comparables.
Une façade laissée en attente n'est pas neutre non plus : un support décapé, un dressage non protégé, un mur sans finition exposé à la pluie se dégradent. Si l'attente doit durer, faites chiffrer une protection provisoire. Cela vaut mieux que de découvrir au redémarrage que la zone conservée est devenue une zone à refaire.
Questions fréquentes
Puis-je changer d'entreprise si j'ai déjà versé un acompte ?
Oui. L'acompte ne vous lie pas définitivement : la question n'est pas de savoir si vous pouvez partir, mais ce qui reste dû dans un sens ou dans l'autre. Le constat d'avancement, comparé aux sommes versées, dit qui est créancier de qui. Si l'acompte dépasse la valeur des travaux exécutés, la différence se réclame.
Faut-il un avocat ou un commissaire de justice pour changer d'entreprise ?
Pas systématiquement. Une mise en demeure claire, un constat contradictoire signé et un décompte honnête suffisent dans beaucoup de dossiers. Le commissaire de justice devient utile quand l'entreprise refuse de venir constater, quand les montants en jeu sont importants, ou quand le désaccord porte sur la qualité de ce qui a été posé. Pensez aussi à la médiation de la consommation, gratuite pour le particulier, qui interrompt utilement le face-à-face.
La nouvelle entreprise peut-elle utiliser l'échafaudage déjà monté ?
Seulement si elle en assume formellement la reprise, avec vérification et, le plus souvent, un contrat de location à son nom ou un accord écrit tripartite. Un façadier qui monte sur un échafaudage qu'il n'a ni monté ni contrôlé engage sa responsabilité en matière de sécurité sans en maîtriser l'état. Beaucoup préfèrent démonter et remonter. Ce surcoût doit apparaître en ligne distincte du devis de reprise, et il se compare d'un devis à l'autre.
Qui garantit la façade si deux entreprises sont intervenues ?
Chacune garantit ce qu'elle a exécuté. Il n'existe pas de garantie unique qui couvrirait l'ensemble du seul fait que la seconde a terminé le chantier. C'est pourquoi le périmètre de reprise et les réserves de la nouvelle entreprise doivent être écrits avant le redémarrage, avec des photos annotées zone par zone. Sans ce document, un désordre apparu plus tard tombe dans une zone grise où chaque intervenant désignera l'autre.
Et si l'entreprise revient après la mise en demeure et propose de finir ?
C'est une issue à examiner sérieusement, surtout si le travail déjà fait est correct : elle évite la rupture de garantie et le surcoût de reprise. Elle se formalise par un accord écrit qui reprend la liste des travaux restants, un calendrier daté, les reprises à effectuer sur l'existant, et l'échéancier de paiement recalé sur des étapes vérifiables plutôt que sur des dates. Une reprise de chantier négociée oralement retombe généralement dans les mêmes travers en quelques semaines.